les imparfaits

La semaine derniére, mon amie Emilie m’a écrit un article sur son site Oak Street Laundry Chronicles avec la traduction d’un texte d’Anna Magnani, une actrice italienne qu’elle aime beaucoup. Aujourd’hui, je l’ai enfin lu. Je ne sais pas que comment exprimer ma gratitude, parce que c’est vraiment un article très très beau. Vous devriez le lire.

Tu mets une vie entière à te plaire. Et puis, tu arrives au bout, et enfin tu t’acceptes. Tu t’acceptes parce que c’est finalement toi, et parce que pour te plaire, tu y as mis une vie entière : la tienne. Il te faut une vie entière pour comprendre qu’à qui tu devais plaire, tu as plu. Et à qui tu n’as pas plu… Mieux comme ça. – Bon, il faut quand même reconnaître qu’il est plus rare de rencontrer un type à qui tu plais, et qui te plaît aussi, que de tomber sur un mec plein aux as à Porta Portese !

Il te faut une vie entière pour compter tes défauts et en rire, parce qu’ils sont beaux, parce que ce sont les tiens. Parce que sans tous ces défauts, tu serais qui ? Personne.

Combien de fois je me suis observée dans la glace, et je m’y suis trouvée moche, effrayante même. Avez ce pif, avec ces pommettes, et tout le reste. Et quand les hommes me lançaient dans la rue : « Bella Annì ! Qu’est-ce que t’es bien gaulée !», je comprenais pas. Et entre moi et moi, je pensais : « Belle de quoi ? ».

Et malgré tout, après un million d’années, je les ai compris. Ça m’a pris une vie entière. Et maintenant, quand je m’entends dire: « Bella Annì, t’es vraiment jolie ! », j’en rigole comme une folle. Et je réponds haut et fort, sans en avoir honte : « Ta gueule bigleux ! ».

– Anna Magnani

Il nous faut une vie entière pour nous comprendre, nous accepter, et nous plaire. Mais à la fin, nous sommes là, aprés les larmes et les douleurs, nous serons tous là, plein de bonheur. C’est plus important que tout le reste, n’est pas? C’est le voyage d’essayer nous plaire qui définit nos vies. Et pour toi, ma chère, et pour tous mes amis, je vous aime parce que j’aime ces qui vous êtes. J’aime vos défauts et je les ai aussi, même plus que les votres; et j’aime vos luttes parce que je sais que vous serez mieux. Personne n’est parfait, et vous non plus, mais personne n’est vous. C’est vous, et c’est moi, les imparfaits, qui me veut dire le monde.